Ontologia

Directive Oiseaux (ZPS)

Massif du Bargy

Code national : FR8210106 · 3 847 ha

ZPS depuis le 12/07/2018

En bref

**Qualité et importance** : Le massif du Bargy offre la particularité de voir coexister, sur une même entité paysagère, une avifaune d'affinité boréale : Chevêchette d’Europe, Tétras lyre, Lagopède alpin, et méditerranéenne : Perdrix bartavelle, Crave à bec rouge, Circaète Jean-le-Blanc et Monticole de roche. Il s’agit de l’un des rares sites de Haute-Savoie à offrir une telle « amplitude » avifaunistique. A cela s’ajoutent des espèces liées aux milieux rupestres : Aigle royal, Faucon pèlerin, Gypaète barbu, Tichodrome échelette mais aussi le cortège des fringillidés de montagne, Sizerin flammé, Venturon montagnard, Bec-croisé des sapins, Bouvreuil pivoine ainsi que des passereaux liés aux alpages comme le Traquet motteux ou le Pipit spioncelle. Ont été observées sur le site Natura 2000 du Bargy plus du tiers des espèces d’oiseaux recensées en Haute-Savoie (348) et près des deux tiers des espèces nicheuses du département (150), dont 27 considérées comme d’intérêt européen. A l’échelle départementale, le massif du Bargy est considéré comme un haut lieu pour les rapaces avec 19 espèces recensées, dont 14 régulières, sur les 25 connues en France métropolitaine : - le Gypaète barbu est évidemment une espèce emblématique du site. Depuis 1997, un couple se reproduit avec un succès notable, en comparaison des autres couples français. Il s’agit du premier couple nicheur des Alpes françaises, couple issu du programme de réintroduction depuis la disparition de l’espèce au début du 20ème siècle. Le territoire de ce couple (entre 150 et 200 km²) englobe la totalité du massif. - l’Aigle royal est aussi une espèce représentative de la mosaïque de milieux du Bargy nichant dans les parois rocheuses et chassant marmottes, lièvres et galliformes dans les alpages et les pierriers, mais aussi en forêt. - depuis quelques années, ces rapaces sédentaires sont rejoints, en période estivale, par les vautours « méditerranéens ». Profitant de l’abondance de carcasses (d’animaux sauvages ou d’élevage), Vautours fauves et moines (surtout des immatures) s’installent pour quelques mois en Haute-Savoie avec comme sites de dortoir les pointes des Aiguilles vertes ou les Rochers de Leschaux. Ces oiseaux proviennent en majorité des sites de réintroduction du Verdon (région PACA), des Baronnies (Drôme, région Rhône-Alpes)et du Tarn (région Midi-Pyrénées). Les rassemblements peuvent atteindre plus de 80 individus dont 2 ou 3 Vautours moines, notamment pendant la première partie de l’été. - généralement observé à l’unité, le Circaète Jean-le-Blanc est présent sur le Bargy entre avril et septembre. Selon les années, ce sont entre 2 et 5 individus différents qui sont contactés, essentiellement sur le versant sud du massif ; il n’y a pas de preuve de reproduction sur le site, mais les milieux ouverts thermophiles du massif (alpages et pierriers) constituent des zones de chasse. Dans les alpages se trouvent plusieurs espèces présentant également un fort enjeu de conservation. La présence du Tétras lyre, du Lagopède alpin, de la Pie-grièche écorcheur ou encore du Crave à bec rouge est intimement liée à l’exploitation humaine du territoire. Paradant, nichant ou se nourrissant dans les alpages, la conservation de ces espèces dépend d’une exploitation raisonnée des milieux pré-forestiers et herbeux à toute altitude et d’une limitation de la fréquentation. La présence d’une mosaïque de milieux ouverts et semi-ouverts : pré bois, fruticées, landes, pâtures et prairies de fauche de moyenne altitude, prairies alpines rases, conditionne fortement le maintien d’un cortège d’espèces dites « montagnardes ». Enfin, bien que n’étant que très peu représentés sur le périmètre, les massifs forestiers abritent le Pic noir, la Gélinotte des bois et la Chevêchette d’Europe. Le massif du Bargy joue un rôle conséquent, au moins à l’échelle du département de Haute-Savoie, dans la conservation des Galliformes de montagne. On y retrouve en effet des densités importantes de Tétras lyre ; le site est également important pour la Perdrix bartavelle et est stratégique pour le Lagopède, tant pour les populations sédentaires, que pour le site d’hivernage qu’il constitue avec l’arrivée en hiver des poules des massifs alentours. Ces populations de Galliformes sont particulièrement sensibles aux dérangements et donc à la fréquentation du massif. Le Pluvier guignard (Charadrius morinellus, espèce A139) fait parfois étape lors de sa migration post-nuptiale, mais cela demeure exceptionnel. La Chouette de Tengmalm (Aegolius funereus, espèce A223) n’a pas été trouvée lors des inventaires de 2011. Sa présence sur le site n’est donc pas confirmée. Le Bargy héberge une colonie de Bouquetins des Alpes et des populations importantes d'ongulés (Cerf élaphe…), qui occupent les adrets à la mauvaise saison. Il abrite également de nombreux reptiles, amphibiens et invertébrés. **Caractéristiques** : Le périmètre comprend le massif du Bargy proprement dit, qui correspond à un vaste pli anticlinal caractéristique des massifs subalpins nord-occidentaux, ainsi que le massif " satellite " des Rochers de Leschaux à l'ouest. Il correspond à une série de plis calcaires allongés NE-SW, lambeaux de nappe de charriage du Chablais. L'ensemble naturel délimité présente une grande variété d'habitats naturels remarquables. Sur le massif du Bargy proprement dit se côtoient d'impressionnantes parois de calcaires massifs et de grandes pentes herbeuses inclinées, présentant une opposition d'orientation adret/ubac très marquée associée à un effet de barrière vis-à-vis des perturbations de nord-ouest. Ceci contribue à diversifier la mosaïque de milieux naturels propres à la haute montagne calcaire. Les étages montagnard et subalpin sont principalement représentés, mais l'étage alpin n'est pas absent de cet ensemble au relief très vigoureux. Le massif des Rochers de Leschaux et les alpages de Cenise illustrent pour leur part les vastes replats d'altitude en limite des étages subalpin et alpin. A Leschaux, une zone karstique accidentée offre de nombreux abris à des espèces caractéristiques de ces milieux originaux. L'ensemble présente par ailleurs un évident intérêt paysager, géologique et géomorphologique. **Vulnérabilité** : Sur le massif du Bargy, les enjeux sont multiples, à la fois économiques, écologiques et touristiques. La présence de l’homme sur ce massif constitue une nécessité pour le maintien de la mosaïque des habitats d’intérêt communautaire. Mais, si les pratiques s'intensifiaient, l'équilibre entre ces enjeux s'en trouverait rompu. En effet : - la fréquentation touristique (d'été ou d'hiver) peut perturber la tranquillité ou la qualité des espèces ; - des aménagements touristiques mal conçus pourraient avoir un impact irréversible sur le site ; - certaines pratiques agricoles ou forestières peuvent également s'avérer dangereuses pour le maintien de la qualité d'habitats ou d'espèces d'intérêt communautaire (drainages, pollutions organiques, pistes forestières...). Il convient donc de rester vigilant et d'aborder ces points régulièrement lors des comités. La végétation des abords des lacs est sensible au piétinement. La bonne conservation des pinèdes de pins à crochet et de pins cembro est à surveiller. L’activité pastorale (alpages de Cenise…) et agricole est à préserver. **Désignation** : OBJECTIFS ET PRINCIPES DE GESTION (à préciser avec les acteurs locaux) : - Les pratiques pastorales et agricoles traditionnelles (pâturage extensif faible et localisé) sont globalement bénéfiques et doivent être encouragées. - La maîtrise de la fréquentation estivale et hivernale pourrait être à rechercher dans certaines zones identifiées comme à enjeux forts. - La régulation des prédateurs ( renard martre...) est éventuellement à prévoir. - L'irrégularisation et le mélange des peuplements forestiers est à favoriser, ainsi que le maintien d'arbres morts ou creux notamment pour la nidification des rapaces nocturnes forestiers et des pics. INSTRUMENTS CONTRACTUELS, REGLEMENTAIRES ET FINANCIERS (à envisager) : - Mesures agri-environnementales, type CAD (contrat d'agriculture durable) notamment pour l'entretien des alpages - Chartes de bonne conduite ou convention d'usage (notamment avec les pratiquants de sports de pleine nature) - Concertation avec les forestiers - Conventions de gestion - Contrats Natura 2000, notamment pour les milieux forestiers - Dans le cadre d'un nouveau programme Life Nature " Gypaète barbu dans les Alpes " 2003-2007 qui concerne 3 pays européens (Italie, Autriche et France), différentes actions et mesures de gestion sont prévues et mises en oeuvre en Haute-Savoie par ASTERS : . poursuite du programme de réintroduction (notamment sur la commune riveraine de Sallanches - Hautes-Savoie) . maintien du suivi des oiseaux sur l'arc alpin . préservation des couples reproducteurs et réduction des menaces . sensibilisation des usagers et des propriétaires, en collaboration avec les communes du Reposoir et de Sallanches ; mise en place d'un site Internet, diffusion de bulletins périodique... **Plan de gestion** : Il convient de maintenir la possibilité de pratiquer les activités opérationnelles de la Défense se déroulant dans le champ de tir temporaire de Morsulaz, c'est-à-dire le tir aux armes légères d'infanterie et l'aguerrissement en montagne. **Mesures de conservation** : Le document d’objectifs du site « Massif du Bargy » a été validé le 14 novembre 2013. Il a été rédigé pour le site qui a été proposé au titre de la directive Habitats (FR8201705) et de la directive Oiseaux (FR8210106). OBJECTIFS ET PRINCIPES DE GESTION : Les principaux objectifs concernant les oiseaux qui ont été définis avec les acteurs locaux sont les suivants : - Favoriser l’activité pastorale extensive existante, voire l’aménager dans certains secteurs sensibles très localisés, afin de maintenir les milieux ouverts et les espèces qui dépendent de ces milieux ouverts pour tout ou partie de leur cycle de vie (aires de chasse, sites de nidification…), notamment pour les rapaces et les Galliformes de montagne. - Préserver et restaurer les conditions favorables aux Galliformes de montagne (habitats et populations), notamment sur les secteurs majeurs suivants : lac Bénit, bordures des plateaux de Solaison et de Cenise côté Rochers de Leschaux, clairières du Petit Bargy et du site de la Fechère. - Préserver les sites de nidification des oiseaux rupestres (Gypaète barbu, Aigle royal, Faucon pèlerin...), en évitant notamment les dérangements et autres perturbations en période de reproduction. - Préserver les milieux forestiers et les espèces liées à ces milieux, notamment le Pic noir, la Gélinotte des bois et la Chevêchette d’Europe. - Améliorer la connaissance sur certaines espèces présentes : suivi de l’évolution des populations de Galliformes. - Améliorer la connaissance sur la fréquentation du site. - Suivre l’état de conservation de certaines espèces. - Informer et sensibiliser les acteurs socio-économiques, le grand public et les scolaires sur les enjeux du site Natura 2000 du Bargy. - Mettre en place des outils pour gérer la fréquentation. INSTRUMENTS CONTRACTUELS, REGLEMENTAIRES ET FINANCIERS (à envisager) : - Contrats Natura 2000 pour les milieux forestiers et les milieux non agricoles et non forestiers. - Mesures agri-environnementales pour les milieux agricoles, notamment pour l'entretien des alpages. - Charte Natura 2000 ou charte de bonne conduite ou convention d'usage (notamment avec les pratiquants de sports de pleine nature). - Concertation avec les forestiers. - Conventions de gestion. Il existe un PSG (Plan simple de gestion) pour la Cembraie du Bargy. Il convient de maintenir la possibilité de pratiquer les activités opérationnelles de la Défense se déroulant dans le champ de tir temporaire de Morsulaz, c'est-à-dire le tir aux armes légères d'infanterie et l'aguerrissement en montagne.

Source : FSD INPN

Ce site Natura 2000 est désigné comme Zone de Protection Spéciale (ZPS, Directive Oiseaux) (ZPS depuis 2018). Le site s'étend sur 3 847 ha, couvre le département 74. Il abrite 15 espèces d’intérêt communautaire (dont 9 en annexe II de la Directive Habitats) documentés au formulaire standard. Le site recoupe 9 communes, notamment Glières-Val-de-Borne, Mont-Saxonnex et Le Reposoir.

Source : Ontologia (synthèse)

Périmètre

Espèces d'intérêt communautaire (15)

Espèces présentes sur le site avec grade de conservation FSD (A excellent, B bon, C moyen, D non significatif).

Communes concernées (9)