Ontologia

Directive Habitats (ZSC)

Vallée de l'Eyrieux et ses affluents

Code national : FR8201658 · 20 305 ha

ZSC depuis le 10/11/2020

Description (FSD INPN)

**Qualité et importance** : Les nombreux corridors (axes de déplacement) terrestres et aquatiques font du site FR8201658 « Vallées de l’Eyrieux et de ses affluents » un véritable relai en Ardèche : l'Eyrieux et ses affluents possèdent de nombreuses zones de remous et de tourbillons (affouillements) favorisant certaines espèces aquatiques ; le long de la rivière, le dépôt de sable a rendu possible le boisement en forêt de bois blanc et les gorges exposent leurs falaises riches en espèces de reptiles. L’Eyrieux dans sa vallée alluviale est un cours d’eau à connotation naturelle, qui ne comprend pas de digue, de canalisation ou d’épis récents. Son espace de bon fonctionnement ou de divagation pendant les évènements de crue n’est pas contraint par les ouvrages (seuils notamment), qui sont quasi-transparents lors de la montée des eaux. A noter que le maintien de cet espace de bon fonctionnement génère une diversité de milieux et d’espèces. La vallée de l’Eyrieux et ses contreforts affichent une dominance des végétations liées aux sols siliceux mais également de manière plus ponctuelle aux substrats basaltiques (massif de Chirouse par exemple). Bien que relativement homogène sur le plan géologique, l’étagement des végétations est particulièrement marqué, allant des basses plaines de la vallée du Rhône (méso- et supra-méditerranéen) jusqu’aux plateaux ardéchois (montagnard inférieur). De même on constatera une forte variation des agencements écologiques : peuplements aquatiques, rivulaires, rocheux… Il en découle une forte diversité de formations végétales. Les Boutières, représentées par des sommets doux qui s’amenuisent vers l’est en crêtes rocheuses déchiquetées, offrent un paysage très minéral. C’est le pays des pentes, résultant de l’action des cours d’eau sur le socle cristallin. Des serres (crêtes) plus ou moins larges compartimentent les vallées, les espaces alluviaux de fond de vallée sont étroits. Le territoire est occupé majoritairement par des milieux forestiers. Cela s’explique notamment du fait de l’abandon de l’agropastoralisme et de l’entretien des terrasses, qui ont induit la recolonisation de ces espaces par la végétation arbustive (landes à genêts, landes sèches européennes). Sur certains secteurs des Boutières, l’activité pastorale subsiste cependant, permettant le maintien de milieux ouverts, les sommets des serres sont encore bien pâturés et des pelouses remarquables y sont représentées. Les Boutières, par cette mosaïque de milieux ouverts et semi-ouverts, accueille une faune patrimoniale telle que le Bruant ortolan, le Lézard ocellé, le Lézard catalan, la Laineuse du prunellier, des papillons en forte régression sur le territoire national comme le Mercure ou l’Hermite qui semblent encore se maintenir localement. L’Azuré du Serpolet est connu de plusieurs stations où l’Origan, sa plante hôte, et Myrmica sabuletti, sa fourmi hôte, ont des populations suffisantes pour son développement. L’un des lépidoptères les plus emblématiques du site pourrait être l’Azuré des Orpins. La moitié des habitats naturels présents sur le site sont inscrits à l’annexe I de la Directive Habitats, soit 20 habitats représentant 47 % de la superficie du site. Le site est remarquable par sa diversité faunistique. Tous les groupes sont représentés : de nombreux gîtes favorables aux chauves-souris (vieux arbres et bâtis) accueillent des colonies de Petit Rhinolophe, Murins de grande taille et de Pipistrelles. L’ensemble des cours d’eau permanents du site sont favorables à la Loutre d’Europe, au Castor mais également à de nombreux invertébrés (Cordulie à corps fin, Agrion de Mercure, Ecrevisse à pattes blanches), poissons (Barbeau méridional, Blageon, Toxostome, Bouvière), amphibiens (Sonneur à ventre jaune, Grenouille rousse, Grenouille agile, Alyte accoucheur) et reptiles (Couleuvre vipérine). Le territoire est un lieu de transition bioclimatique par l’ouverture et l’orientation est/ouest de la vallée de l’Eyrieux sur le couloir rhodanien qui permet d’adjoindre au climat dominant continental des irradiations méridionales, notamment dans le secteur de la basse vallée de l’Eyrieux. La basse vallée de l’Eyrieux est en ce sens représentatif d’un secteur de transition climatique entre le climat méditerranéen et un climat plus tempéré. Ces discontinuités climatiques se retrouvent au sein des assemblages d’écosystèmes qui forment des mélanges originaux d’espèces rattachées à des secteurs biogéographiques différents. De nombreuses espèces méditerranéennes trouvent là leur limite nord d'aire de répartition. C’est le cas par exemple de la Cordulie splendide et du Ciste de pouzolz. **Caractéristiques** : Le site FR8201658 « Vallée de l’Eyrieux et ses affluents » est inclus dans deux domaines biogéographiques : 81 % méditerranéen et 19 % continental. Le bassin versant de l’Eyrieux est entouré par le sillon rhodanien à l’est, les bordures du Massif central au sud-est et les monts du Vivarais à l’ouest. Cette fraction du département de l’Ardèche est caractérisée en premier lieu par sa teinte méditerranéenne atténuée, notamment à l’approche des limites nord, par les influences septentrionales. Le second facteur structurant n’est autre que la géologie. Le bassin est riche en roches métamorphiques et cristallines formées lors des remontées de magmas au début de l’ère secondaire. A l’Ere tertiaire, sous l’influence d’une très forte activité volcanique, des coulées de basaltes vont se répandre sur la partie occidentale de la zone et notamment au niveau des bassins de la Rimande, de l'Eysse et de la Saliouse (hors du site). Ces formations volcaniques restent très minoritaires à l’échelle d’un bassin largement dominé par les terrains cristallins et métamorphiques. Le site est un secteur de transition climatique, qui fait l’originalité et la diversité des habitats naturels du bassin versant. Au regard de la forte hétérogénéité du site d’étude, sont distinguées au sein de cette entité 3 unités paysagères distinctes : les Boutières, la moyenne vallée de l’Eyrieux avec ses plateaux et ses pentes et la basse vallée de l’Eyrieux ou plaine alluvionnaire. A l’interface de ces paysages, sur les pieds des versants se retrouvent de nombreux vallons humides s’échappant petit à petit vers la plaine. Si l’influence de l’homme se fait nettement ressentir, elle façonne aussi ce paysage et ne semble pas (pour l’heure) perturber outre mesure les équilibres spontanés. Afin d’assurer le maintien voire la restauration des habitats et espèces de ce site, il convient de concilier davantage utilisation du territoire et milieu naturel. Ainsi, la réouverture et l’entretien de milieux prairiaux par une activité pastorale adaptée apparaît très pertinente d’un point de vue social, économique et écologique. De même, une meilleure connaissance et gestion de l’eau permettraient d’améliorer la qualité d’habitats pour de nombreuses espèces (poissons, invertébrés et mammifères semi-aquatiques). Les populations d'écrevisses à pieds blanc nécessitent une attention particulière par rapport aux risques liés aux espèces invasives. La mise en place d’îlots de vieillissement contribuerait à diversifier les milieux forestiers, assez homogènes à ce jour du fait de l’exploitation récente sur la quasi-totalité des montagnes. Ces différents points ont le même objectif : préserver la richesse biologique locale en prenant en compte les enjeux écologiques et en développant une économie locale adaptée et respectueuse de ces enjeux écologiques. **Vulnérabilité** : Vulnérabilité : Le corridor constitué par la ripisylve doit être maintenu ou par endroit recréé. Les cours d'eau nécessitent une amélioration de la qualité de l'eau. Les poissons migrateurs doivent pouvoir circuler librement car l'Eyrieux est le siège de nombreuses frayères potentielles pour les aloses et les lamproies. Les landes, les prairies et pelouses doivent être maintenues en gardant le milieu ouvert par des pratiques adaptées. **Plan de gestion** : Contrat de rivière en cours. **Mesures de conservation** : Le document d’objectifs du site FR8201658 « Vallées de l’Eyrieux et de ses affluents » a été validé le 22 septembre 2015. L’Espace Naturel Sensible appelé « Serres Boutiérots, vallées de la Gluèyre de l’Orsanne et de l’Auzène » est situé dans le même secteur que ce site Natura 2000. Chacune de ces politiques s’appuie sur un document de gestion propre. Afin de mettre en synergie ces programmes de préservation du patrimoine naturel et de les rendre plus cohérents, un document commun a été élaboré, intitulé Document Unique de Gestion (DOCUGE). Sont listés ci-après les objectifs de conservation identifiés dans le DOCUGE 2015-2020 du site. Les mesures concernant les suivis scientifiques et amélioration des connaissances ne sont pas indiquées ici (cf. DOCUGE). Objectifs de conservation : . Conserver et restaurer la dynamique naturelle, l'espace de bon fonctionnement ainsi que la bonne qualité et quantité des eaux des cours d'eau, des habitats naturels et des habitats d'espèces associés ; . Maintenir en bon état de conservation et/ou restaurer les pelouses, les prairies, les landes et les mosaïques d'habitats par des pratiques agricoles appropriées aux habitats naturels et habitats d'espèces associés ; . Maintenir en bon état de conservation les habitats forestiers, les habitats naturels et les habitats d'espèces associés ; . Maintenir en bon état et/ou restaurer les milieux et zones humides : tourbières, prairies humides, mégaphorbiaies, etc. ainsi que les habitats naturels et les habitats d'espèces associés ; . Réduire les effets des espèces exotiques envahissantes sur les habitats naturels et les espèces patrimoniales ; . Mettre en œuvre des mesures de protection et de gestion des espèces de la Directive Habitats et des espèces remarquables ; . Améliorer la connaissance locale des espèces et des habitats relevant de la Directive Habitats et des espèces remarquables ; . Améliorer les connaissances sur les activités socio-économiques ; . Suivre les espèces et les habitats de la Directive Habitats et les espèces remarquables présentes ainsi que leur état de conservation. . Sensibiliser et informer ; . Gérer la fréquentation ; . Communiquer et porter à connaissance ; . Coordonner, animer et suivre les actions du DOCUGE en concertation avec les acteurs du territoire. Les mesures de gestion établies dans ce document proposent donc de : . Conserver et restaurer le fonctionnement naturel des écosystèmes alluviaux ; . Conserver des activités agricoles et agropastorales garantes du bon état des habitats naturels et des espèces persistant au sein de cette trame ; . Développer une hétérogénéité dans les peuplements forestiers (essences autochtones, âges) et permettre un développement amenant des boisements à sénescence, dans le cadre d’une gestion durable agrosylvicole ; . Conserver dans un bon état et restaurer les zones humides ; . Limiter et contraindre le développement des espèces exotiques envahissantes ; . Gérer la fréquentation et les activités de loisirs ; . Améliorer les connaissances sur le site d’un point de vue écologique et socio-économique ; . Assurer un suivi de l’état de conservation des habitats et espèces d’intérêt communautaire ; . Sensibiliser la population locale aux richesses naturelles du site. Sur les 33 communes concernées par le site B6, le caractère privé de la majorité des parcelles associé à leur très fort morcellement entraîne une difficulté de gestion du territoire. Avec l’évolution des pratiques agricoles, pastorales et forestières, de nombreuses terres ont été délaissées au profit de parcelles plus accessibles. Un travail de diagnostic et d’animation foncière est de ce fait prévu dans la phase d’animation 2016 – 2021.

Périmètre

Habitats d'intérêt communautaire (22)

Habitats annexe I de la Directive Habitats (92/43/CEE) présents sur le site, avec représentativité, état de conservation et flag prioritaire *.

  • 926023.8% du site

    Représentativité : A · Conservation : B · Évaluation globale : B

  • 91206.8% du site

    Représentativité : C · Conservation : B · Évaluation globale : C

  • 51206.3% du site

    Représentativité : B · Conservation : B · Évaluation globale : B

  • 6210*6.0% du site

    Représentativité : A · Conservation : B · Évaluation globale : B

  • 65103.8% du site

    Représentativité : B · Conservation : B · Évaluation globale : B

  • 91602.4% du site

    Représentativité : C · Conservation : B · Évaluation globale : C

  • 51100.8% du site

    Représentativité : B · Conservation : B · Évaluation globale : B

  • 91E0*0.7% du site

    Représentativité : C · Conservation : C · Évaluation globale : C

  • 82200.4% du site

    Représentativité : A · Conservation : A · Évaluation globale : B

  • 32800.4% du site

    Représentativité : B · Conservation : C · Évaluation globale : C

  • 40300.4% du site

    Représentativité : B · Conservation : B · Évaluation globale : B

  • 82300.4% du site

    Représentativité : B · Conservation : B · Évaluation globale : B

  • 92A00.2% du site

    Représentativité : C · Conservation : C · Évaluation globale : C

  • 64300.1% du site

    Représentativité : C · Conservation : C · Évaluation globale : C

  • 64100.1% du site

    Représentativité : B · Conservation : C · Évaluation globale : C

  • 6230*0.1% du site

    Représentativité : D · Conservation : · Évaluation globale :

  • 65200.0% du site

    Représentativité : C · Conservation : B · Évaluation globale : C

  • 31500.0% du site

    Représentativité : D · Conservation : · Évaluation globale :

  • 32600.0% du site

    Représentativité : C · Conservation : C · Évaluation globale : C

  • 93400.0% du site

    Représentativité : D · Conservation : · Évaluation globale :

  • 6120*0.0% du site

    Représentativité : C · Conservation : C · Évaluation globale : C

  • 83100.0% du site

    Représentativité : D · Conservation : · Évaluation globale :

Espèces d'intérêt communautaire (21)

Espèces présentes sur le site avec grade de conservation FSD (A excellent, B bon, C moyen, D non significatif).

Communes concernées (38)