En bref
**Qualité et importance** : Le site proposé est très favorable aux galliformes de montagne :
- Le Lagopède alpin est présent en petit nombre, notamment sur la couronne sommitale du Roc d'Enfer ;
- Le Tétras lyre est bien représenté tout au long de la chaîne, à l'exception des secteurs urbanisés ou colonisés par la brousse d'aulnes verts ;
- La Gélinotte des bois subsiste en quelques points, notamment dans les accrus forestiers.
- La Perdrix bartavelle est présente sur environ un tiers de la superficie du massif.
- Par contre, le Grand Tétras semble avoir totalement disparu, alors qu'il était très présent encore au début du siècle dernier.
La population d'Aigle royal est estimée à 4 couples réparties sur le massif, celle de Faucons pèlerins à une dizaine de couples.
Sont également présents sur le site en période de reproduction : Chouette de Tengmalm, Pie-grièche écorcheur, Pic noir, Monticole (Merle) de roche, Bécasse des bois et Merle à plastron.
Le site constitue une zone d'alimentation du Gypaète barbu.
**Caractéristiques** : D'altitude modeste (2244 m), le Roc d'Enfer constitue néanmoins le point culminant du Chablais occidental (Haute-Savoie), à l'ouest de la Dranse de Morzine.
Il se situe dans les " Préalpes " au sens géologique du terme. Ceci signifie qu'en dépit de sa position périphérique par rapport à la chaîne, une grande partie des roches qui le constituent proviennent des zones les plus internes des Alpes : elles ont été transportées par charriage sur des distances considérables lors des phases de la surrection alpine.
Le Roc d'Enfer est constitué de stratifications massives du Jurassique supérieur. Elles y dessinent un anticlinal au coeur duquel percent en "fenêtre" les couches appartenant aux nappes des Préalpes.
**Vulnérabilité** : La vulnérabilité du site peut provenir de :
- la fréquentation estivale et hivernale sous toutes ses formes
- la proximité immédiate de domaines skiables
- la régression des activités agricoles, pastorales et forestières.
**Désignation** : OBJECTIFS ET PRINCIPES DE GESTION (à préciser avec les acteurs locaux) :
Certaines prescriptions peuvent d'ores et déjà être suggérées sur la base de l'expérience acquise :
- la préservation de zones d'habitats adaptés à chacune des espèces de galliformes de montagne et aux différentes périodes du cycle de vie : reproduction, chant, hivernage.
- la maîtrise de la fréquentation estivale et hivernale dans certaines zones prioritaires.
- la régulation éventuelle des prédateurs (renard et martre notamment),
- la visualisation des câbles de remontées mécaniques ou de lignes électriques,
- le maintien ou le développement de peuplements forestiers irréguliers et mélangés,
- le maintien en l'état des zones humides
- la quiétude des secteurs de falaises fréquentés durant la période de reproduction…
INSTRUMENTS CONTRACTUELS, REGLEMENTAIRES ET FINANCIERS à envisager :
Une part importante du massif est classée (par arrêté préfectoral, sur 1957 ha) en réserve intercommunale agréée de chasse et de faune sauvage, à l'initiative des chasseurs locaux et ceci dès 1958.
Des arrêtés préfectoraux de protection de biotope sont en vigueur sur plusieurs tourbières (Sommand en particulier, qui constitue le plus vaste ensemble de ce type dans le département).
Sont en cours l'étude d'une charte forestière pour l'ensemble du haut Chablais, ainsi que la mise en place d'une zone expérimentale pour l'agriculture durable. Ces deux démarches doivent permettre de développer des actions démonstratives en matière d'agriculture, et concertées en matière de gestion du patrimoine forestier (zones sensibles pour la faune, la production de bois, les captages d'eau potable, schéma de dessertes…).
Des réflexions " multipartenariales " pourraient être conduites, afin de définir des conventions ou chartes de bonne conduite pour éviter le dérangement en zones et périodes sensibles (ex : pour définir des tracés d'itinéraires touristiques respectant les besoins des espèces concernées).
Source : FSD INPN
Ce site Natura 2000 est désigné comme Zone de Protection Spéciale (ZPS, Directive Oiseaux) (ZPS depuis 2018). Le site s'étend sur 4 054 ha, couvre le département 74. Il abrite 13 espèces d’intérêt communautaire (dont 10 en annexe II de la Directive Habitats) documentés au formulaire standard. Le site recoupe 8 communes, notamment Bellevaux, Mieussy et La Côte-d'Arbroz.
Source : Ontologia (synthèse)