En bref
**Qualité et importance** : L'intérêt ornithologique réside dans la présence de milieux variés : falaises, forêts de feuillus et de résineux, pelouses alpines, prairies et landes.
Dix espèces de rapaces ont été notées sur le site, dont 6 de l'annexe I de la directive Oiseaux : 5 rapaces diurnes (Bondrée apivore, Milan noir, Circaète Jean-le-Blanc, Aigle royal et Faucon pèlerin) et 1 rapace nocturne (Chouette de Tengmalm).
Deux de ces six espèces fréquentent régulièrement le site, probablement à la recherche de nourriture, mais ne s'y reproduisent pas : Milan noir et Circaète Jean-le-Blanc.
Les 4 autres espèces s’y reproduisent : Aigle royal, Bondrée apivore, Faucon pélerin et Chouette de Tengmalm.
Les forêts de hêtre accueillent le Pic noir, ainsi qu’une belle population de Gélinotte des bois.
En 2010, on a estimé la population de Tétras lyre entre 10 et 15 couples.
Les secteurs plus ouverts sont « colonisés » en été par la Pie-grièche écorcheur.
Merle à plastron, Monticole de roche, Torcol fourmilier et Martinet à ventre blanc se reproduisent régulièrement sur le site.
Depuis les années 2000, les Vautours fauves et Vautours moines ont été également observés, mais sans aucune preuve de reproduction pour ces deux espèces de Vautours de l'annexe I de la directive Oiseaux.
**Caractéristiques** : Le mont Colombier est formé d'un synclinal perché et de ces piémonts. Situé en plein centre du massif des Bauges, cette montagne marque fortement le paysage local : pentes fortes colonisées par la hêtraie sapinière, combes occupées par les pelouses alpines, couronnées de falaises calcaires, formant globalement une crête nord-sud du sommet de Rossanaz au rocher de la Bade en passant par le Colombier, qui culmine à 2045 m.
**Vulnérabilité** : La qualité du patrimoine naturel du mont Colombier est globalement peu menacée. Le risque de voir se développer des projets d'aménagements importants est faible sur ce secteur. Par contre le risque de banalisation des milieux naturels du fait de pratiques sylvicoles ou pastorales inadaptées existe à court ou moyen terme.
Concernant les activités sportives, le Parc naturel régional du Massif des Bauges anime des schémas de cohérence vol libre, escalade, canyoning, véhicules motorisés, qui tendent à diminuer l’impact de ces pratiques sur les espèces et habitats qui ont justifié la désignation du site, notamment Aigle royal et Faucon pèlerin. C’est pourquoi l’influence est amenée à être neutre.
**Désignation** : Objectifs et principes de gestion (à préciser avec les acteurs locaux) :
- Préserver le caractère naturel du site en limitant strictement les aménagements importants.
- Préserver la qualité paysagère, faunistique et floristique du site en soutenant les activités forestières et pastorales durables.
- Valoriser les richesses naturelles du site en améliorant l'accueil du public et en favorisant leur appropriation par les acteurs locaux.
Instruments contractuels, réglementaires et financiers à envisager:
- Mesures agri-environnementales du type contrat d'agriculture durable (CAD)
- Contrats Natura 2000.
**Mesures de conservation** : Le document d'objectifs du site « Mont Colombier » a été validé par le Comité de pilotage le 8 juillet 2010. Il concerne le site proposé au titre de la directive Oiseaux (la ZPS « Mont Colombier » FR8212015), ainsi que le site désigné au titre de la directive Habitats, faune, flore (FR8202004).
PRINCIPAUX OBJECTIFS ET MESURES PREVUS
A. OBJECTIFS LIÉS AUX UNITÉS PASTORALES
A1. Gérer les espaces pastoraux en conciliant la richesse biologique et la rentabilité économique :
A1.1. Proposer une charte Natura 2000 aux propriétaires qui s’engagent dans la constitution ou le maintien d’unité pastorale sur le site.
A1.2. Etablir des contrats agri-environnementaux (MAET, MAEC) en vue de :
- Maintenir l’ouverture des pelouses et prairies tout en favorisant une mosaïque de milieux naturels.
- Entretenir les habitats de pelouses et prairies d’intérêt communautaire.
- Préserver les stations de flore remarquables.
- Préserver l’habitat potentiel de reproduction du Tétras lyre.
A1.3. Favoriser l’implantation de ruchers dans les unités pastorales.
A2. Améliorer les conditions d’exploitation des alpages afin de pérenniser l’activité pastorale :
A2.1. Réaliser de l’animation foncière auprès des propriétaires, en vue de réaliser les travaux d’aménagement prévus et de pérenniser l’alpage.
A2.2. Améliorer les aménagements et équipements pastoraux indispensables à la bonne gestion de la biodiversité des alpages.
B. OBJECTIFS LIÉS AUX FORÊTS
B1. Promouvoir une gestion forestière conciliant richesse biologique et rentabilité économique :
B1.1. Proposer une charte Natura 2000 aux propriétaires (priorité 1 : forêts des collectivités et forêts privées dotées d’un Document de Gestion ; priorité 2 : propriétaires privés s’engageant dans une Association Syndicale de Gestion Forestière ; priorité 3 : autres propriétaires).
B1.2. Etablir des contrats Natura 2000 en forêt en vue de :
- rajeunir/ irrégulariser les taillis,
- conforter l’irrégularisation des peuplements,
- entretenir les clairières et trouées,
- entretenir les lisières et milieux de transition (structure horizontale hétérogène),
- lutter contre les espèces envahissantes,
- installer des îlots de sénescence.
B2. Améliorer les conditions d’exploitation des forêts pour une meilleure prise en compte de la biodiversité :
B2.1. Animation foncière auprès des propriétaires privés pour promouvoir une gestion forestière intégrée et durable (création d’Associations Syndicales de Gestion Forestière…).
B2.2. Soutenir la création de documents de gestion planifiée.
B2.3. Raisonner la desserte pour limiter son impact.
B2.4. Etude et suivi de la fonctionnalité écologique des forêts.
B2.5. Développer le sylvo-pastoralisme.
C. OBJECTIFS TRANSVERSAUX
C1. Mise en valeur du site par une activité touristique durable :
C1.1. Favoriser l’accueil à l’alpage afin de valoriser le lien pastoralisme/fromages/biodiversité et le lien urbain-rural.
C1.2. Intégration des problématiques liées à la biodiversité dans les projets d’accueil du public (sentier des orchidées à Aillon-le-Jeune, centre d’interprétation de la forêt…).
C2. Sensibilisation du public sur les enjeux liés à la biodiversité, notamment les rapaces rupestres.
C2.1. Sensibilisation des usagers de loisirs nature sur les enjeux liés à la biodiversité
C2.2. Information générale sur la biodiversité et les actions mises en œuvre pour la préserver.
C3. Diffusion des connaissances sur les patrimoines naturels et culturels :
C3.1. Mettre en place des outils de sensibilisation et de communication sur les enjeux de la préservation de la biodiversité et du développement durable en lien avec les espaces pastoraux et forestiers.
C3.2. Etudier et valoriser le patrimoine culturel du site, afin de mettre en perspective les liens entre les hommes et la nature dans cet espace montagnard.
D. Animation générale : Mettre en œuvre et suivre les actions prévues du document d’objectifs.
E. Améliorer la connaissance et suivre l'évolution des habitats et des espèces d'intérêt communautaire sur le site
E.1. Améliorer les connaissances sur les espèces d'intérêt communautaire mal connues et effectuer des inventaires : Chiroptères, Oiseaux, Insectes, Lépidoptères.
E.2. Assurer le suivi des habitats et des espèces d’intérêt communautaire : tous les habitats ; chiroptères, Aigle royal, Tétras lyre, Sabot de Vénus.
E.3. Suivre l’impact des mesures de gestion engagées sur les habitats et les espèces d’intérêt communautaire.
Source : FSD INPN
Ce site Natura 2000 est désigné comme Zone de Protection Spéciale (ZPS, Directive Oiseaux) (ZPS depuis 2006). Le site s'étend sur 2 178 ha, couvre le département 73. Il abrite 8 espèces d’intérêt communautaire (dont 8 en annexe II de la Directive Habitats) documentés au formulaire standard. Le site recoupe 6 communes, notamment Aillon-le-Vieux, Aillon-le-Jeune et Le Châtelard.
Source : Ontologia (synthèse)