Ontologia

Directive Habitats (ZSC)

Tourbières du Luitel et leur bassin versant

Code national : FR8201732 · 307 ha

ZSC depuis le 31/05/2010

En bref

**Qualité et importance** : Sur ce site peu étendu, est présent un spécimen appartenant aux rares tourbières à sphaigne typiques des Alpes françaises en situation aussi méridionale. Les groupements tourbeux, les plantes rares et protégées, la richesse en mousse, en algues et en champignons, la diversité des libellules confèrent à ce site un intérêt écologique exceptionnel. Situé à une altitude moyenne de 1 265 mètres, le site comprend deux écocomplexes tourbeux principaux : le lac Luitel, lac tourbière limnogène minérotrophe, et la tourbière du col, tourbière limnogène ombrotrophe bombée. Ces deux tourbières ont la même origine et le même âge, mais l'une d'entre elles, la tourbière du col, de moindre profondeur, a "vieilli" beaucoup plus rapidement. Ceci permet d'observer au même endroit de nombreux stades dynamiques différents. Par ailleurs, de petites tourbières intra-forestières sont présentes sur les versants boisés qui dominent le lac Luitel. Au niveau de la faune et de la flore, les tourbières du Luitel et des versants présentent un certain nombre d'espèces typiques que l'on rencontre exclusivement dans les tourbières. Sur ce site ont été inventoriés : -- du point de vue de la flore : - 320 espèces végétales, dont 4 espèces protégées au niveau national et 4 protégées au niveau régional. - 329 espèces du phytoplancton - 86 espèces de bryophytes, dont 17 espèces de sphaignes. - 68 espèces de lichens. - 534 espèces de champignons. -- du point de vue de la faune : - 69 espèces de vertébrés (oiseaux compris), dont le Lézard vivipare et le Triton alpestre. - 115 espèces d’araignées, 8 d’opilions, 52 d’Éphéméroptères, Plécoptères, Trichoptères, 26 espèces d’Orthoptères, 17 espèces de libellules. Ainsi, la tourbière du Luitel est un site remarquable pour sa richesse en Hétérocères, très comparable à certains biotopes montagnards et froids du Doubs, du Jura ou de Haute-Savoie. A l'intérieur du site, le lac Luitel a été classé réserve naturelle dès 1961 pour 6 ha : c'est la première réserve naturelle créée en France. Il a ensuite fait l'objet d'une requalification au titre de la loi du 10 juillet 1976 (décret du 3 avril 1991) et sa surface a été portée à 17 ha incluant en particulier la tourbière bombée du col Luitel. **Caractéristiques** : Il y a 50 000 ans, l'ensemble de la région était occupé par des glaciers würmiens qui rabotaient les massifs, creusaient les vallées, alternant des périodes d'avancée et de recul. Dans le secteur du Luitel, le glacier de la Romanche présentait une diffluence (" bras ") qui passait par le col Luitel. Il a creusé dans la roche plusieurs dépressions, de profondeur variée (de 16 mètres environ pour le lac à 11 mètres max pour la tourbière du col,qui ont été envahies par les eaux lors de la fonte du glacier (moins 20 000 ans), formant alors des lacs comme le Luitel. L'ensemble a été ensuite lentement colonisé par la végétation. La dépression du Col Luitel est issue du surcreusement d'une langue glaciaire bloquée par un verrou de roche dure. Cette dépression remplie d'eau et le microclimat très dur qui règne alors au Col ont entraîné l'établissement d'un paysage arctique aboutissant à la juxtaposition de nombreux stades d'évolution de groupements de tourbières parsemées de pins à crochet rabougris rarissimes à cette altitude. Des tourbières intra-forestières très réduites se sont formées dans les dépressions au même moment. Le choix du bassin versant comme enveloppe du site est lié à la préservation des apports en eau par ruissellement et au maintien du bon fonctionnement du réseau hydrologique (ruisseaux et petites tourbières en amont du Luitel), de la quantité et de la de la qualité de l'eau circulant à l’amont et venant alimenter les tourbières de la réserve naturelle. **Vulnérabilité** : 1. Régime hydrique - du point de vue qualitatif, l'état de conservation de ces tourbières nécessite des apports d'eaux non polluées. Cet aspect a été en majeure partie résolu par une doble opération (2012-2013) qui a consisté d’une part, à collecter les eaux de ruissellement de la route pour empêcher leur entrée dans le lac et d’autre part, à restaurer le ruisseau alimentant le lac Luitel (son détournement avait pu être mis en évidence par la comparaison de cartes anciennes et récentes). - du point de vue quantitatif, il est essentiel de maintenir un bilan hydrique favorable (les pertes en eau doivent être inférieures ou égales aux apports). 2. Éviter un piétinement important. 3. La colonisation de certains secteurs, notamment les tourbières bombées, par des végétaux non typiques des tourbières comme l'épicéa nécessite la mise en place d'actions de gestion adaptées en vue de la conservation de ces milieux. 4. La présence de drains conséquents dans la tourbière du col nécessite d’envisager des travaux de comblement de ces drains. **Désignation** : 1. Objectifs principaux Le site concerné est confronté à deux principaux problèmes liés à l'eau : aspect qualitatif pour le lac Luitel et aspect quantitatif pour la tourbière du col ainsi que les petites tourbières intra-forestières. Le lac Luitel est soumis à une perturbation qualitative : pollution par le sel de déneigement utilisé principalement sur la route départementale d'accès à la station de Chamrousse. Cette perturbation a déjà provoqué une modification importante des populations d'algues phytoplanctoniques. L'objectif principal de gestion du lac est donc la définition, puis la mise en œuvre de méthodes permettant de réduire, voire de supprimer les entrées d'eau salée dans le lac. Une dérivation expérimentale a été mise en place ; si sa mise en œuvre a eu un effet, il importe de poursuivre et d'approfondir la réflexion en impliquant tous les acteurs et en sollicitant toutes les compétences. La tourbière du col, ainsi que les petites tourbières intra-forestières sont visées par une perturbation quantitative du bilan de l'eau. L'abandon de l'activité pastorale, la progression de la forêt sur le bassin versant, soit naturellement, soit du fait de la politique de reboisement menée dans les années 1960, ont nettement modifié les apports d'eau dans la tourbière, entraînant une colonisation de celle-ci par l'épicéa et une certaine banalisation de la flore présente sous le couvert des épicéas (une coupe de ces arbres a d'ailleurs été entreprise en 2004). L'objectif principal de gestion de la tourbière du col et des petites tourbières intra-forestières est donc une amélioration du déficit du bilan hydrique, par réduction des pertes et augmentation des apports liés au versant. Pour mener à bien cet objectif, une étude hydrologique a été initiée par le gestionnaire du site, à l'aide de piézomètres manuels. Elle se poursuit par une étude géophysique et hydrologique. 2. Objectifs secondaires - la protection des amphibiens (problématique d'écrasement par les voitures sur la RD 111 et la RD 113 lors de la migration nuptiale), - la conservation d'espèces rares de tourbières (Lycopode inondé, Scheuchzérie des marais, lépidoptères nocturnes…), - la conservation et la protection physique des milieux tourbeux (limiter la pénétration et le piétinement du public qui détruit les milieux). PRINCIPES DE GESTION (à mettre en œuvre avec les acteurs locaux) : - Assurer l'écoulement des eaux de salage hors de la cuvette du lac Luitel, - Eliminer les apports de sel et de métaux lourds provenant de la route d'accès à Chamrousse, - Maintenir le niveau d'alimentation du lac Luitel, - Assurer l'équilibre du bilan hydrique des petites tourbières intra-forestières et de celles du Luitel par une gestion sylvicole des versants mieux adaptée. **Plan de gestion** : - Documents d'objectifs validé le 02/06/05. - Plan de gestion de la réserve naturelle nationale du lac Luitel : en cours pour la période 2002-2007. **Mesures de conservation** : - Documents d'objectifs validé le 02/06/05. En cours de révision, en parallèle de la révision du document d’aménagement forestier. - Plan de gestion de la réserve naturelle nationale du lac Luitel : en cours pour la période 2011-2020.

Source : FSD INPN

Ce site Natura 2000 est désigné comme Zone Spéciale de Conservation (ZSC, Directive Habitats) (ZSC depuis 2010). Le site s'étend sur 307 ha, couvre le département 38. Il abrite 1 espèce d’intérêt communautaire (dont 1 en annexe II de la Directive Habitats) et 5 habitats d’intérêt communautaire (dont 2 prioritaires) documentés au formulaire standard. Le site recoupe 4 communes, notamment Séchilienne, Chamrousse et Livet-et-Gavet.

Source : Ontologia (synthèse)

Périmètre

Habitats d'intérêt communautaire (5)

Habitats annexe I de la Directive Habitats (92/43/CEE) présents sur le site, avec représentativité, état de conservation et flag prioritaire *.

  • 911094.0% du site

    Représentativité : C · Conservation : C · Évaluation globale : C

  • 7110*3.0% du site

    Représentativité : A · Conservation : A · Évaluation globale : B

  • 91D0*2.0% du site

    Représentativité : A · Conservation : A · Évaluation globale : A

  • 71200.1% du site

    Représentativité : C · Conservation : B · Évaluation globale : C

  • 31600.1% du site

    Représentativité : A · Conservation : B · Évaluation globale : A

Espèces d'intérêt communautaire (1)

Espèces présentes sur le site avec grade de conservation FSD (A excellent, B bon, C moyen, D non significatif).

Communes concernées (4)