En bref
**Qualité et importance** : Les combles de l'église de Maxey-sur-Vaise hébergent une importante colonie de mise bas de Grand murin tandis que les anciens ouvrages militaires et le tunnel désaffecté sont utilisés par plusieurs espèces de chiroptères, principalement en hiver.
L’évolution générale du site n’est finalement soumise à aucun facteur anthropique (en dehors de la gestion conservatoire), seule la dynamique naturelle influence la qualité globale des milieux et leur répartition - et particulièrement la colonisation des ligneux une fois les pentes stabilisées.
Si l’on se réfère au taux d’embroussaillement par les fourrés xéro-thermophiles en tant qu’indicateur de la qualité des pelouses et des éboulis, l’état de conservation global est très bon.
Les fourrés arbustifs xéro-thermophiles représentent en effet, sous la forme de faciès d’embuissonnement des milieux ouverts, des taux moyens de l’ordre de 15 % sur la côte de Preye et de moins de 10 % sur la Blanche Côte. Dans les secteurs d’éboulis mobiles de la Blanche Côte, ce taux ne dépasse jamais 5 % suite aux différents travaux de restauration menés par le gestionnaire. L’état actuel semble ainsi optimal dans la mesure où la colonisation ligneuse au sein des éboulis plus ou moins mal fixés est le seul facteur naturel qui puisse modifier la répartition des végétations en stabilisant la pente et limitant ainsi la dynamique érosive. En l’absence de toute intervention de gestion, il se pourrait alors que la pente subisse un envahissement arbustif lent et épars favorable à l’installation de groupements de pelouses plus fermées. Les superficies d’éboulis plus ou moins mobiles constatées et comparées à la situation antérieure à l’année 2000 montrent que cette dynamique n’a pas été enclenchée. L’écart entre les surfaces entre ces deux périodes provient d’un diagnostic plus précis à la fois dans la justesse cartographique et dans le fait de discriminer les junipéraies des habitats pelousaires.
Par ailleurs, l’abattage des anciennes pinèdes, des pins isolés et des semis a permis de retrouver des cortèges pelousaires à la typicité intéressante. En lien avec des conditions stationnelles extrêmes de sécheresse, de pente et d’exposition, il a été permis de retrouver en maints endroits des pelouses en gradins à Seslérie avec des intrications avec les groupements d’éboulis.
Dans des conditions moins favorables, le retour à une pelouse typique à Genêt poilu et Seslérie a également été possible notamment sur la côte de Preye. Plus localement, sur la partie haute de la côte de Preye en situation plane, les pinèdes ont été remplacées par des pelouses ourléifiées à Seslérie et Genêt poilu qui contribuent finalement à la diversité des groupements de pelouses rencontrées.
Il reste néanmoins quelques bosquets de semenciers âgés de pins européens qui n’ont pas été abattus et, de manière sporadique, des taches de jeunes semis de pins à contrôler régulièrement.
**Caractéristiques** : Le site est constitué de deux côtes calcaires - la "Côte sur le Preye" et la "Blanche Côte" - d’une vingtaine d’hectares chacune, exposées plein sud et, séparées par le village de Pagny-la-Blanche-Côte en rive droite de la Meuse.
L’ensemble se situe en domaine collinéen continental, à une altitude comprise entre ; 256 m (Meuse) et 396 m (point culminant à la Tête des Rousseaux sur la Côte sur le Preye). L’intérêt paysager est exceptionnel dans le contexte de la plaine lorraine.
Les deux côtes ont une origine commune (calcaire récifaux de l’Oxfordien) mais ont connu une évolution différente à l’échelle géologique. L’intérêt écologique, exceptionnel, connu depuis le siècle précédent, réside dans la présence originale d’éboulis mobiles, relictuels des glaciations. Ces formations sont extrêmement rares dans le quart nord-est de la France. Les autres habitats sont des pelouses calcaires à Seslérie et Genêt poilu, moins rares sur les côtes de Meuse. Il existe toutefois des variantes étendues de ce groupement, beaucoup plus rares (à Coronille naine, à Laîche de Haller), et qui participent à la diversité des habitats.
Il s’agit sans aucun doute du site le plus thermophile de Lorraine, réputé pour son grand intérêt entomologique, et notamment pour le caractère méridional très marqué des cortèges. Les fourrés xérophiles contribuent à la diversité des niches écologiques en faveur des entomocénoses.
Issue des périodes postglaciaires, la flore et la végétation des éboulis n'a vraisemblablement jamais connu de phase arbustive ou arborescente. En effet, il est admis que la mobilité des éboulis des deux sites a perduré depuis la fin de la dernière période glaciaire et qu'en conséquence ces côtes n'ont pas connu le développement des stades forestiers des époques boréales et atlantiques. Ainsi, cinq taxons hautement spécialisés caractérisent les éboulis mobiles ; Galium fleurotii, Silene vulgaris subsp.glaerosa, Leontodon hyoseroides et Iberis linifolia subsp. violletii.
Le site comprend également des gîtes à chiroptères situés dans les combles d'une église, un pont sur la Meuse, un tunnel ferroviaire désaffecté et plusieurs anciens ouvrages militaires.
**Vulnérabilité** : Envahissement des pelouses et des éboulis par les ligneux suite à l'abandon de l'élevage.
Rénovation des bâtiments et des ouvrages militaires occupés par les chiroptères.
**Plan de gestion** : Les actions déjà engagées sur le site :
Sensible à la conservation de son patrimoine naturel, la Commune de Pagny-la-Blanche-Côte a accepté en 1984 le classement en Réserve Naturelle Volontaire (un statut qui a évolué juridiquement vers celui de "Réserve Naturelle Régionale") de 10 ha de propriété communale comportant le site des éboulis mobiles de la Blanche Côte.
Cette protection s'est ensuite étendue en 1997 par la signature d'un bail emphytéotique entre la Commune de Pagny-la-Blanche-Côte et le Conservatoire des Sites Lorrains pour 15 hectares environ.
En 2000, la commune de Champougny a également signé un bail emphytéotique avec le CSL portant sur une superficie de 6 hectares environ.
Des travaux de gestion biologique ont déjà été effectués sur la Blanche Côte, et le plan de gestion, établi en 1995 par le CSL, a été révisé en 2000. Il porte sur les secteurs faisant l'objet de baux emphytéotiques.
Les orientations envisageables pour la gestion future :
Tel que prescrit dans le plan de gestion et dans le document d'objectifs, la protection des éboulis de la Blanche-Côte, de la Côte sur le Preye et de la Tête des Rousseaux implique de poursuivre l'établissement de baux et de conventions entre différents partenaires : collectivités territoriales, CSL et Office National des Forêts (ONF).
La gestion des habitats d'éboulis mobiles et des pelouses visant à limiter la colonisation par les arbustes nécessite des travaux de coupe et de débroussaillement. Ces travaux pourraient être financés par le biais de contrats Natura 2000.
La conservation des habitats forestiers passe par le maintien d'une sylviculture "douce", où les gestionnaires veilleront à la qualité du débardage afin d'éviter le tassement des sols.
Concernant les chauves-souris, il convient de pérenniser la conservation et la quiétude des gîtes. Pour cela, le document d'objectif prévoit de mettre en place des conventions avec les propriétaires des gîtes (la mairie de Maxey-sur-Vaise, et le propriétaire de l'ancien fort de Pagny par exemple).
**Mesures de conservation** : Les actions déjà engagées sur le site :
- Sensible à la conservation de son patrimoine naturel, la Commune de Pagny-la-Blanche-Côte a accepté en 1984 le classement en Réserve Naturelle de 10 ha de propriété communale comportant le site des éboulis mobiles de la Blanche Côte. Cette protection s'est ensuite étendue en 1997 par la signature d'un bail emphytéotique entre la Commune de Pagny-la-Blanche-Côte et le Conservatoire d’espaces naturels de Lorraine renouvelé en 2013 sur environ 35 ha. En 2000, la commune de Champougny a également signé un bail emphytéotique avec le CEN Lorraine portant sur une superficie de 6 hectares environ.
- En complément, plus de 3,5 ha ont été acquis par le CEN Lorraine en continuité directe de la Blanche Côte et la côte sur le Preye. Une convention de gestion a également été signée sur la batterie de Pagny-la-Blanche-Côte.
- Enfin, un projet de classement en Réserve Naturelle Régionale sur plus de 50 ha de la Blanche Côte et la Côte sur le Preye est en cours.
- Des travaux de gestion biologique sont déjà effectués sur les deux côtes, et le plan de gestion, établi en 1995 par le CSL, a été révisé en 2000 puis en 2012. Il porte sur les secteurs faisant l'objet de baux emphytéotiques et les propriétés du CEN Lorraine.
Les orientations envisageables pour la gestion future :
Tel que prescrit dans le plan de gestion et dans le document d'objectifs, la protection des éboulis de la Blanche-Côte et de la Côte sur le Preye implique de poursuivre l'établissement de baux et de conventions entre différents partenaires : collectivités territoriales, CEN Lorraine, Office National des Forêts (ONF) et CPEPESC pour le volet chiroptère.
La gestion des habitats d'éboulis mobiles et des pelouses visant à contenir la colonisation par les arbustes et les semis de pins nécessite des travaux réguliers de coupe et de débroussaillement. Ces travaux sont financés par le biais de contrats Natura 2000. Une coupe de la peupleraie le long de la rivière de Chêtre qui porte ombrage aux éboulis du bas de pente de la Blanche Côte est également à prévoir. Des suivis écologiques notamment de la stabilisation des éboulis sont primordiaux pour ajuster la gestion de cet habitat très spécifique et mal connu.
La conservation des habitats forestiers passe par le maintien d'une sylviculture "douce", où les gestionnaires veilleront à la qualité du débardage afin d'éviter le tassement des sols.
Concernant les chauves-souris, il convient de pérenniser la conservation et la quiétude des gîtes. Pour cela, le document d'objectif prévoit de mettre en place des conventions avec les propriétaires des gîtes (la mairie de Maxey-sur-Vaise et le propriétaire de l'ancien fort de Pagny par exemple).
Il importe de pouvoir disposer de financements adaptés aux besoins de gestion écologique de ce site Natura 2000 afin de garantir le maintien en bon état de conservation des habitats et des espèces communautaires. L’outil contrat Natura 2000 doit être garanti sur le long terme.
Source : FSD INPN
Ce site Natura 2000 est désigné comme Zone Spéciale de Conservation (ZSC, Directive Habitats) (ZSC depuis 2016). Le site s'étend sur 141 ha, couvre les départements 54 et 55. Il abrite 9 espèces d’intérêt communautaire (dont 6 en annexe II de la Directive Habitats) et 5 habitats d’intérêt communautaire (dont 1 prioritaire) documentés au formulaire standard. Le site recoupe 5 communes, notamment Pagny-la-Blanche-Côte, Champougny et Montbras.
Source : Ontologia (synthèse)