Ontologia

Directive Habitats (ZSC)

Les grottes du mont Roberge

Code national : FR2302008 · 94 ha

ZSC depuis le 23/06/2014

En bref

**Qualité et importance** : Le site accueille une population résiduelle de Petit rhinolophe en limite Nord-Ouest de son aire de répartition avec la présence de 180 individus (effectif maximum observé entre 1998 et 2022). Ces cavités constituent en outre un site d’hibernation majeur à l’échelle de la Normandie pour dix espèces de chauves-souris, dont 5 d’intérêt communautaire. Elles accueillent en hibernation le Grand rhinolophe, 5 espèces de murin (Grand Murin, 155 individus (effectif maximum observé entre 1998 et 2022), Murin à oreilles échancrées 229 individus (effectif maximum observé entre 1998 et 2022), Murin de Daubenton, Murin à moustaches, occasionnellement Murin de Bechstein et Murin de Natterer), des Oreillards, des Pipistrelles et Sérotines. Le dernier comptage de 2022 a dénombré près de 700 individus toutes espèces confondues. **Caractéristiques** : Le site, qui surplombe la ville de Vernon, se situe sur les coteaux boisés de la vallée de la Seine, en rive droite du fleuve. Il est composé d’un réseau de cavités souterraines, sans doute d’anciennes carrières, creusées dans la craie du Crétacé supérieur. Anciennement forêt militaire occupée par le laboratoire de recherches balistiques et aérodynamiques, les terrains, cédés fin 2013 au domaine forestier privé de l’État, ont permis la création de la forêt domaniale de Vernon. L’emprise souterraine du site s’étend sur plus de 12 ha dans le sous-sol de la forêt. L’accès des cavités est interdit pour des raisons de sécurité (risque d’effondrement) ainsi que pour préserver la dizaine d’espèces de chauves-souris qui y hibernent. Afin de favoriser un réseau de cavités dans le prolongement de celles incluses dans le site Natura 2000 voisin « Vallée de l’Epte », ont été ajoutées deux carrières en activité, Tsouchima et Notre-Dame (extraction, stockage et taille de la pierre de Vernon). Pour préserver les zones de nourrissage et de gîtes des chauves-souris, le site inclut les entrées des cavités, les espaces devant et au-dessus des cavités et une zone de pelouses en contrebas, disjointe du site principal. Le site accueille ainsi des pelouses et boisements calcicoles, typiques de la vallée de la Seine et inscrits à l’annexe I de la directive « Habitats, faune, flore ». **Vulnérabilité** : Le dépôt sauvage d’ordures, les places à feu, la surfréquentation du site aux abords des cavités, parcouru par un chemin de randonnée, sont des atteintes constatées. Depuis la fin des patrouilles de gendarmerie en 2012, des tentatives récurrentes de pénétration dans les cavités, pourtant fermées au public, sont également constatées. Des effondrements sont à craindre au-dessus des carrières et un périmètre de sécurité matérialisé par une clôture délimite les zones à risque (infiltration d’eau par les fissures, écoulements d’argiles, vides, affaissements, état des piliers, chutes du toit des carrières). Si ces effondrements peuvent présenter un danger pour la sécurité humaine, ils ne constituent pas une cause de vulnérabilité pour les chauves-souris. Concernant l’habitat pelouse, leur typicité n’est pas optimale et leur état de conservation varie selon les endroits entre bon, moyen et dégradé. La principale menace est la fermeture du milieu par absence de gestion. Il s’agit d’une menace forte, une grande partie des pelouses étant déjà colonisée par des ligneux. Une gestion par un pâturage extensif ovin est à privilégier. Une partie des pelouses est gérée par fauche, si cette gestion permet d'éviter la fermeture du milieu, elle n’est pas optimale pour la pleine expression du cortège floristique. Une seconde menace potentielle est la surfréquentation, qui reste limitée (pentes fortes limitant leur accès). En forêt, la typicité des boisements Hêtraies-chênaies à Houx est assez faible et ils sont globalement dans un mauvais état de conservation. Dans la partie Est du plateau, il a été constaté le développement du Laurier palme (Prunus lauroceraus). C’est un arbuste exotique qui peut devenir invasif en colonisant le sous-bois. Pour les Hêtraies-chênaies à Lauréole, la végétation présente globalement une bonne typicité et un bon état de conservation. En Frênaies de ravins à Scolopendre, la typicité de la végétation est faible à moyenne et l’habitat est en mauvais état de conservation (habitat fragmenté et atteintes constatées). L’obstruction de certaines entrées peut potentiellement changer le régime hygrométrique dont dépend la végétation : air frais constant provenant des grottes. Cette menace est nuancée par le maintien de trouées pour le passage des chiroptères. Le dépôt d’ordures, les places à feu et la surfréquentation du site sont des menaces constatées ou potentielles. Une gestion forestière adaptée limitera les travaux forestiers dans la mesure du possible. Au niveau des espèces exotiques envahissantes, des fourrés à Buddleia davidii ont été identifiés sur 0,54 ha dans le site, et la présence de Laurier palme (Prunus lauroceraus) est signalée dans l'habitat de hêtraie acidophile. **Désignation** : Connexion avec les cavités incluses dans le site Natura 2000 voisin "FR2300152-Vallée de l'Epte". **Plan de gestion** : aucun plan de gestion actuel Ce site est situé en totalité dans une emprise militaire, dans des galeries souterraines dont l'accès a été interdit pour des raisons de sécurité. Des parties du toit se sont effondrées, entraînant l'évacuation des habitations situées dans son périmètre. Des contrôles réguliers sont effectués par l'institut national de l'environnement et des risques, car le risque potentiel d'effondrement demeure. Le classement du site ne devra pas faire obstacle à la prise des mesures nécessaires pour assurer leur mise en sécurité définitive. Ainsi les autorités responsables du centre peuvent décider, par exemple, de réaliser des travaux dans les galeries prévenant toute intrusion accidentelle ou bien d'édicter de nouvelles limitations ou interdictions d'accès aux secteurs dangereux et ce malgré la présence de chauves-souris dans les galeries. Pour conclure, la définition et la mise en œuvre des solutions assurant l'accès des chiroptères aux galeries souterraines, ne devra pas remettre en cause les mesures nécessaires à la sécurité des personnes. **Mesures de conservation** : Du fait du risque d’effondrement des voûtes, un suivi annuel des poches d’argile et des fissures est commandé par l’ONF depuis 2004, des contrôles réguliers sont ainsi effectués par l’Institut national de l’environnement et des risques. Le classement du site ne doit pas faire obstacle à la prise des mesures nécessaires pour assurer leur mise en sécurité définitive. L’ONF a ainsi financé des travaux de sécurisation du site en 2018 mais des dégradations continuent à être constatées. Un premier contrat Natura 2000 passé avec l'ONF en 2021 a financé des travaux de consolidation des entrées avec découpe de fenêtres dans les grilles pour permettre le passage des chiroptères. Dans le cadre d’une mesure compensatoire liée à la réouverture de la carrière Notre-Dame (autorisation d’exploitation par arrêté du 23 avril 2021), une obligation réelle environnementale (ORE) a été signée par le Groupe mammalogique normand. Cette ORE concerne une carrière voisine à celle de Notre-Dame (carrière des Cascades) qui accueille en hiver plus d’une quarantaine de chauves-souris d’une dizaine d’espèces différentes. Le contrat, établi entre l’association, le propriétaire et le carrier pour une durée de 10 ans renouvelable, prévoit des mesures favorables à la conservation des chauves-souris.

Source : FSD INPN

Ce site Natura 2000 est désigné comme Zone Spéciale de Conservation (ZSC, Directive Habitats) (ZSC depuis 2014). Le site s'étend sur 94,3 ha, couvre le département 27. Il abrite 5 espèces d’intérêt communautaire (dont 5 en annexe II de la Directive Habitats) et 4 habitats d’intérêt communautaire (dont 1 prioritaire) documentés au formulaire standard. Le site recoupe 1 commune, notamment Vernon.

Source : Ontologia (synthèse)

Périmètre

Habitats d'intérêt communautaire (4)

Habitats annexe I de la Directive Habitats (92/43/CEE) présents sur le site, avec représentativité, état de conservation et flag prioritaire *.

  • 913033.5% du site

    Représentativité : A · Conservation : A · Évaluation globale : A

  • 912017.6% du site

    Représentativité : B · Conservation : C · Évaluation globale : C

  • 62105.7% du site

    Représentativité : B · Conservation : C · Évaluation globale : B

  • 9180*0.8% du site

    Représentativité : C · Conservation : C · Évaluation globale : C

Espèces d'intérêt communautaire (5)

Espèces présentes sur le site avec grade de conservation FSD (A excellent, B bon, C moyen, D non significatif).

Communes concernées (1)